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Guide

Fiscalité de l'assurance vie en 2026 : simulateur de rachat

Tant que l'argent reste sur le contrat, l'assurance vie ne supporte pas d'impôt sur le revenu. Il n'intervient qu'au retrait, sur la seule part de gains, et dépend de l'ancienneté du contrat, de vos versements et de votre foyer. Simulez votre cas, puis voyez comment, après huit ans, sortir chaque année des gains sans impôt sur le revenu.

Simulez l'impôt sur un rachat d'assurance vie

Ce que vous voulez savoir
Votre contrat

Encore investis : retirez la part de capital des retraits déjà faits.

Ancienneté du contrat

Les prélèvements sociaux des gains du fonds en euros sont payés chaque année ; ceux des unités de compte, au retrait.

Votre foyer
Situation
Tranche marginale d'imposition

Seulement pour comparer avec l'option pour le barème progressif.

Votre retrait
Autres contrats et cas particuliers

Leurs gains sont comptés ici à 7,5 %, sur option, quel que soit le montant ; ces versements consomment d'abord le seuil de 150 000 €.

Assurance vie et capitalisation, au même nom : ils comptent pour le seuil de 150 000 €.

L'abattement de 4 600 € vaut pour l'année et pour tous vos contrats.

Sur un retrait de 10 000 €

172 €

d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, régularisation comprise

Versements remboursés, non imposés : 8 000 €Gains qui vous restent : 1 828 €Prélèvements sociaux : 172 €Impôt sur le revenu : 0 €
Part de gains dans le retrait
2 000 € (20,0 %)

Le contrat contient 20 000 € de gains, soit 20,0 % de sa valeur : chaque retrait en emporte la même proportion.

Abattement appliqué
− 2 000 €

Sur 4 600 € par an, tous contrats confondus.

Impôt sur le revenu
0 €

Les gains du retrait sont couverts par l'abattement.

Prélèvements sociaux
172 €

17,2 % des gains des unités de compte ; ceux du fonds en euros (environ 172 €) ont déjà été prélevés au fil des ans.

Ce qui vous reste
9 828 €

Le jour du retrait, puis l'année suivante

Acompte retenu par l'assureur (7,5 % des gains)
150 €

Sauf dispense, à demander au plus tard au retrait si le revenu fiscal de référence de votre foyer, deux ans plus tôt, était inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple).

Versé sur votre compte
9 678 €
Rendu après votre déclaration de revenus
150 €

Cette année, vous pouvez retirer jusqu'à 23 000 € sans impôt sur le revenu : leur part de gains égale l'abattement restant. Seuls les prélèvements sociaux des unités de compte restent dus.

Estimation selon les règles en vigueur au 28 septembre 2026, détaillées ci-dessous, pour un contrat souscrit auprès d'un assureur établi en France. Elle ne tient pas compte des cas d'exonération ni de votre situation d'ensemble : ce n'est pas un conseil fiscal.

L'essentiel en 2026

  • Seuls les gains sont imposés, au moment d'un retrait (un « rachat ») : jamais les versements, et rien tant que l'argent reste sur le contrat.
  • Prélèvements sociaux : 17,2 % des gains, inchangés en 2026 pour l'assurance vie malgré la hausse de la CSG.
  • Contrat de moins de 8 ans : 12,8 % d'impôt sur les gains, soit 30 % avec les prélèvements sociaux.
  • Contrat de 8 ans ou plus : abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % (12,8 % pour la part liée aux versements au-delà de 150 000 €).
  • Au décès, pas d'impôt sur le revenu : le capital suit la fiscalité propre à l'assurance vie (152 500 € d'abattement par bénéficiaire sur les versements faits avant 70 ans).

Ce qui est imposé lors d'un rachat : la part de gains

Un retrait, que les assureurs appellent « rachat », contient toujours deux choses : une part de vos versements, qui vous est simplement rendue, et une part de gains, seule imposée. La proportion est celle du contrat au jour du retrait.

Part de gains = montant du retrait × (valeur du contrat − versements) ÷ valeur du contrat.

Exemple : un contrat vaut 100 000 € pour 80 000 € versés. Il contient 20 000 € de gains, soit 20 % de sa valeur. Un retrait de 10 000 € comprend donc 2 000 € de gains imposables et 8 000 € de versements remboursés, qui ne sont pas imposés.

Les versements pris en compte sont ceux encore investis : après un premier retrait, la part de versements qu'il contenait est déduite. Si le contrat vaut moins que ce qui a été versé, il n'y a pas de gain et rien n'est imposé.

Les prélèvements sociaux : 17,2 %, prélevés à des moments différents

Les gains d'une assurance vie supportent 17,2 % de prélèvements sociaux (9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité), quelle que soit l'ancienneté du contrat. La hausse de la CSG votée pour 2026, qui porte à 18,6 % les prélèvements sur la plupart des revenus de placement, a épargné les contrats d'assurance vie et de capitalisation. Ce qui change d'un support à l'autre, c'est le moment où ils sont prélevés.

  • Sur le fonds en euros : chaque année, directement sur le contrat, au moment où l'assureur crédite les intérêts. Au retrait, ces gains ne supportent donc plus rien.
  • Sur les unités de compte : au retrait, sur la part de gains qui en provient. Tant que l'argent reste investi, rien n'est prélevé.
  • Au décès de l'assuré : sur les gains qui n'y ont pas encore été soumis.

L'impôt sur le revenu : tout dépend de l'ancienneté du contrat

Ancienneté du contratAbattement annuelTaux, versements jusqu'à 150 000 €Taux au-delà
Moins de 8 ansAucun12,8 %12,8 %
8 ans ou plus4 600 € (seul), 9 200 € (couple)7,5 %12,8 %
Taux du prélèvement forfaitaire sur la part de gains, pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017. Les prélèvements sociaux s'ajoutent.

Ce prélèvement forfaitaire est le « PFU », ou flat tax : avec les prélèvements sociaux, il représente 30 % des gains avant huit ans et 24,7 % au taux réduit après huit ans. Le taux de 31,4 % annoncé depuis 2026 pour les autres placements ne concerne pas l'assurance vie.

L'ancienneté se compte à partir du premier versement, c'est-à-dire de l'ouverture du contrat, et non versement par versement : une somme versée aujourd'hui sur un contrat de dix ans profite tout de suite du régime des huit ans. C'est la raison d'ouvrir un contrat tôt, même avec un petit versement ; à l'inverse, changer d'assureur fait repartir le compteur à zéro.

L'abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune) s'applique chaque année à l'ensemble des gains retirés des contrats de plus de huit ans du foyer. Il ne se reporte pas : ce qui n'est pas utilisé dans l'année est perdu. Il ne réduit pas les prélèvements sociaux.

Le seuil de 150 000 € est personnel : il se calcule, pour chaque assuré, sur ses versements encore investis au 31 décembre de l'année précédant le retrait, tous contrats d'assurance vie et de capitalisation confondus. Au-delà, la part des gains qui correspond aux versements en excédent est imposée à 12,8 % au lieu de 7,5 %. Les gains des versements faits avant le 27 septembre 2017 gardent leur ancien régime, le barème ou, sur option, 7,5 % après huit ans, quel que soit leur montant ; ces versements comptent en revanche dans le seuil, et le consomment en premier.

L'acompte retenu par l'assureur, puis la régularisation

Le jour du retrait, l'assureur retient un acompte d'impôt sur la part de gains : 12,8 % si le contrat a moins de huit ans, 7,5 % s'il a huit ans ou plus, même au-delà du seuil de 150 000 €, et sans tenir compte de l'abattement. Il verse le reste, déduction faite des prélèvements sociaux dus.

L'année suivante, les gains retirés apparaissent préremplis dans votre déclaration de revenus, d'après le relevé que l'assureur transmet à l'administration. L'impôt définitif est alors calculé avec l'abattement et le seuil de 150 000 €, et l'acompte vient en déduction : s'il dépasse l'impôt dû, l'excédent est remboursé ; s'il est inférieur, le complément est réclamé. Un retrait de gains couverts par l'abattement vous fait donc avancer 7,5 % de ces gains pendant quelques mois.

Si le revenu fiscal de référence de votre foyer, deux ans avant le retrait, est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple soumis à imposition commune), vous pouvez demander à ne pas subir cet acompte, par une attestation sur l'honneur remise à l'assureur au plus tard au moment du retrait. La dispense ne vaut pas pour les prélèvements sociaux.

Le barème progressif : une option globale, rarement gagnante après huit ans

Au lieu des taux forfaitaires, vous pouvez choisir d'ajouter vos gains à vos autres revenus et de les soumettre au barème progressif de l'impôt. L'option se coche dans la déclaration de revenus et vaut pour tous vos revenus de placement de l'année : intérêts, dividendes, plus-values. L'abattement des contrats de plus de huit ans s'applique aussi au barème.

  • Après huit ans, le taux forfaitaire de 7,5 % bat toutes les tranches sauf la tranche à 0 %.
  • Avant huit ans, la tranche à 11 % fait mieux que 12,8 % ; les tranches de 30 % et plus, jamais.
  • Au barème, 6,8 points de la CSG payée l'année du retrait sur les gains des unités de compte sont déductibles du revenu imposable de l'année suivante ; celle prélevée les années précédentes sur le fonds en euros ne l'est pas.

Le simulateur compare les deux voies pour votre tranche ; si le barème l'emporte, vérifiez l'effet de l'option sur vos autres revenus de placement avant de la choisir.

Purger ses gains chaque année grâce à l'abattement

L'abattement des contrats de plus de huit ans est annuel et ne se reporte pas. Un épargnant qui ne retire rien pendant quinze ans puis vide son contrat n'en profite qu'une fois. Celui qui, chaque année, retire la somme dont les gains égalent l'abattement puis la reverse sur le même contrat transforme 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) en versements, sans impôt sur le revenu : les gains qui seront imposés un jour diminuent d'autant, année après année. C'est ce qu'on appelle la purge des plus-values.

  • Calculer le montant : abattement ÷ part de gains du contrat. Sur un contrat de 100 000 € qui contient 20 % de gains, 23 000 € pour une personne seule, 46 000 € pour un couple. Le simulateur le donne pour votre contrat.
  • Demander un retrait partiel de ce montant. L'assureur retient l'acompte de 7,5 % sur les gains, rendu l'année suivante, et les prélèvements sociaux dus sur la part des unités de compte.
  • Reverser la somme sur le même contrat. C'est un nouveau versement, mais il profite de l'ancienneté du contrat.
  • Recommencer l'année suivante. La part de gains du contrat baissant, le montant à retirer augmente d'une année sur l'autre ; quand les gains restants tiennent dans l'abattement, il n'y a plus rien à purger.

Ordre de grandeur, avec le simulateur : sur un contrat de 100 000 € dont 20 000 € de gains, moitié fonds en euros à 2,5 % et moitié unités de compte à 4 % par an, une personne seule qui purge ses gains pendant dix ans évite environ 3 500 € d'impôt sur le revenu. Une fois retranchée la croissance perdue sur les prélèvements sociaux payés plus tôt, elle récupère environ 2 700 € de plus en vidant son contrat au bout de dix ans.

Ce que la purge ne fait pas : elle ne réduit pas les prélèvements sociaux, elle les avance sur les unités de compte (sur le fonds en euros, ils sont de toute façon prélevés chaque année). Et elle ne sert à rien pour l'argent destiné à être transmis : au décès, les gains ne supportent pas l'impôt sur le revenu.

  • Frais sur versement : la somme reversée est un nouveau versement. À 0 % chez la plupart des distributeurs en ligne, ils peuvent atteindre 3 ou 4 % en agence et effacer le gain.
  • Après 70 ans : les sommes reversées relèvent du régime successoral des versements après 70 ans (abattement global de 30 500 €) au lieu de celui des versements avant 70 ans (152 500 € par bénéficiaire). Pour un contrat destiné à la transmission, la purge peut coûter plus qu'elle ne rapporte.
  • Seuil de 150 000 € : les sommes reversées comptent comme de nouveaux versements.
  • Conditions du contrat : certains fonds en euros imposent une part minimale d'unités de compte sur les nouveaux versements ; vérifiez-le avant de reverser.

L'administration n'a publié aucune position sur la purge, qui se borne à utiliser un abattement que la loi accorde chaque année sans report. Sur des montants importants, ou après 70 ans, faites-la étudier avec votre conseiller : Ideel, courtier immatriculé à l'ORIAS, peut regarder votre contrat avec vous.

Les retraits exonérés d'impôt sur le revenu

Quelle que soit l'ancienneté du contrat, les gains échappent à l'impôt sur le revenu lorsque le retrait fait suite à l'un de ces événements, touchant le souscripteur ou son conjoint ou partenaire de pacs, et intervient avant la fin de l'année qui suit :

  • licenciement, avec inscription comme demandeur d'emploi (une rupture conventionnelle ne compte pas) ;
  • mise à la retraite anticipée ;
  • invalidité de deuxième ou troisième catégorie ;
  • cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire.

Les prélèvements sociaux restent en principe dus sur ces gains.

Au décès : un autre régime

Au décès de l'assuré, les gains ne supportent pas l'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux non encore payés sont prélevés. Le capital transmis aux bénéficiaires suit une fiscalité propre, hors succession, qui dépend de l'âge auquel les versements ont été faits.

VersementsAbattementAu-delà
Avant 70 ans152 500 € par bénéficiaire, sur le capital20 % sur les 700 000 € suivants, puis 31,25 %
Après 70 ans30 500 € en tout, sur les seuls versementsDroits de succession selon le lien de parenté ; les gains sont exonérés
Le conjoint, le partenaire de pacs et, sous conditions, les frères et sœurs bénéficiaires sont exonérés.

Contrat de capitalisation et PER

Les retraits d'un contrat de capitalisation sont imposés exactement comme ceux d'une assurance vie, abattement et purge compris ; seule la transmission diffère, le contrat entrant dans la succession. Le plan d'épargne retraite suit une logique inverse : les versements se déduisent du revenu imposable, et c'est la sortie qui est imposée.

Sources

Règles vérifiées le 28 septembre 2026 pour un contrat souscrit auprès d'un assureur établi en France : articles 125-0 A, 200 A, 990 I et 757 B du code général des impôts ; article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; doctrine de l'administration (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 et BOI-RPPM-RCM-20-15) ; fiche de Service-public.fr.

Le projet de loi de finances pour 2027 n'était pas encore déposé à cette date : ce guide sera mis à jour s'il modifie ces règles.

Rédigé le 28 septembre 2026 à partir de la base Ideel et des textes en vigueur. Relu par Quentin Musson le 29 septembre 2026.

Questions fréquentes

Au retrait, seuls les gains sont imposés : 17,2 % de prélèvements sociaux, plus 12,8 % d'impôt sur le revenu si le contrat a moins de huit ans. Après huit ans, les gains bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis sont imposés à 7,5 % (12,8 % pour la part liée aux versements au-delà de 150 000 €). La hausse de la CSG de 2026 ne s'applique pas à l'assurance vie.

Après huit ans, en limitant chaque année la part de gains retirée à l'abattement : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Le montant à retirer s'obtient en divisant l'abattement par la part de gains du contrat (23 000 € pour une personne seule si le contrat contient 20 % de gains). Les prélèvements sociaux restent dus sur les gains des unités de compte. Certains événements (licenciement, invalidité, retraite anticipée) exonèrent aussi le retrait d'impôt sur le revenu.

Un abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € sur les gains retirés, et un taux d'impôt réduit à 7,5 % au-delà, tant que vos versements ne dépassent pas 150 000 €. L'ancienneté se compte depuis le premier versement : les sommes versées ensuite en profitent immédiatement.

Non. Il vaut par foyer et par an, sur l'ensemble des gains retirés des contrats de plus de huit ans : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Multiplier les contrats n'augmente pas l'abattement.

Le contrat lui-même, non, s'il est souscrit auprès d'un assureur établi en France. Les gains des retraits, oui : ils apparaissent préremplis dans la déclaration de revenus de l'année suivante, d'après le relevé que l'assureur envoie à l'administration. Vérifiez-les et, s'il y a lieu, cochez l'option pour le barème.

Non. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur la plupart des revenus de placement, dont les prélèvements sociaux passent à 18,6 %, mais elle en a exclu les contrats d'assurance vie et de capitalisation souscrits en France : leurs gains restent soumis à 17,2 %.

En deux temps : l'assureur retient un acompte le jour du retrait (7,5 % ou 12,8 % des gains, sauf dispense), puis l'impôt définitif est calculé à la déclaration de revenus de l'année suivante, qui rembourse l'excédent d'acompte ou réclame le complément.

Pas forcément : seule la part de gains est imposée, à 12,8 % plus les prélèvements sociaux. Sur un contrat qui contient 10 % de gains, un retrait de 10 000 € coûte environ 300 €, dont une partie a déjà été prélevée sur le fonds en euros. Attendre les huit ans vaut surtout pour les gros retraits et les contrats riches en gains.

Sans intérêt : avant huit ans, il n'y a pas d'abattement, et les gains retirés sont imposés à 12,8 %. La purge ne commence qu'à partir du huitième anniversaire du contrat.

Pour aller plus loin

Autres guides : Lire le tableau des frais · Ce que coûtent les frais de gestion · Frais sur versement · Frais d'arbitrage · Transférer son PER · Changer d'assurance vie · Le rendement du fonds en euros · La gestion pilotée, profil par profil

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